GAO : Comment sauver le patrimoine culturel ?

Le 20 mars dernier, a eu lieu à Gao la cérémonie de remise officielle du projet intitulé : « Contribution de la culture aux efforts de cohésion sociale et la valorisation des collections du Musée du Sahel de Gao » par le chef du Bureau régional de la Minusma. Ce projet s’inscrit dans le cadre du mandat de la Minusma qui lui enjoint de contribuer à l’accompagnement des initiatives locales liées à la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble.

La cérémonie a eu lieu en présence d’une cinquantaine de personnes dont une vingtaine de femmes. Plusieurs personnalités ont également fait le déplacement, parmi lesquelles des représentants de l’autorité intérimaire, le maire de Gao, les chefs des services techniques régionaux, des membres du cadre de concertation, des notables, des chefs coutumiers, des regroupements de femmes et de jeunes, une équipe de la Minusma, ainsi que de l’Association « Alanga » chargée de la mise en œuvre du projet. Son Président, Kalifa Oumar Maïga, a rappelé « la confiance que la Minusma témoigne aux membres de l’association Alanga depuis 2013 ». De son côté, le maire de Gao, Daka Boubacar Traoré, a vivement remercié « l’association Alanga qui s’illustre dans la sauvegarde de notre patrimoine culturel, notre héritage commun, constituant la grandeur de nos empires qui ont régné pendant des siècles ».

Pour Mohamed El-Amine Souef, chef du bureau régional de la Minusma, « les objets exposés constituent un ensemble de ressources matérielles et immatérielles de la région, que les populations considèrent comme un reflet et une expression de leurs valeurs, croyances, savoirs et traditions. Ce projet de revalorisation du musée du Sahel est le moteur de la culture, élément fédérateur des communautés de Gao. Il a aussi pour objectif de mettre à la disposition des artistes et des artisans, un espace de partage et d’apprentissage du savoir-faire et de rencontre intercommunautaire autour de la culture. Notre devoir est de rester les sentinelles vigilantes de l’héritage des anciens pour servir aux générations futures. Je vous exhorte ainsi à promouvoir par vos valeurs, vos traditions, votre culture, à retrouver le chemin de la prospérité, de la paix, de la cohésion sociale, gage d’un développement durable ». Ce projet permettra quatre grandes actions : la restauration ; l’assainissement et l’inventaire des objets ; la création d’une section audiovisuelle et numérique pour réaliser des films et des supports visuels ; la mise à disposition d’un cadre pour les contributions des artistes et des artisans et enfin, la sensibilisation auprès des populations grâce aux spots publicitaires diffusés par les radios locales jusqu’à Ansongo et à Bourem.

À son tour, le Directeur du Musée, Abdoulaye Bonanca Maïga, a expliqué en quoi ce projet est bénéfique et fondamental pour le Musée : « La culture est d’une valeur inestimable pour la cohésion et la paix que tout le monde recherche. Nous avons rencontré des personnalités dans plusieurs villages, écrivains, chefs de village, et autres dont les interviews et œuvres sont archivées au musée pour être exploitées par les chercheurs, les enfants et qui voudra. On a mis l’emphase sur un volet conférences portant sur les contributions que la culture peut apporter à la cohésion sociale et au vivre ensemble ».

Zan Diarra

Soleil Hebdo

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